… les habitants de nombreux villages de Lorraine, d’Alsace, du Luxembourg et des régions germanophones avoisinantes se sont vu attribuer des sobriquets collectifs (Ortsnecknamen), souvent inspirés du règne animal, qui servaient à les caractériser, avec parfois une pointe d’humour, sinon de moquerie. Au cours d’une randonnée à vélo en pays francique – assistance électromotorisée oblige – de fidèles amis et assidus lecteurs du « Saviez-vous que ? » ont déniché, qui l’eût cru, la bête rare, le troisième luron. Aussi, le Siirker Iesel rejoint-il désormais ses compères de Diekirch et de Hoegaarden. Leur commune identité asine se décline sur un arrière-fond patrimonial particulièrement dense et riche: les balises du parcours à travers siècles et millénaires sont, à des degrés divers, le passé gallo-romain, l’obtention d’une charte d’affranchissement au XIIIe siècle, l’érection de fortifications médiévales, l’implantation de communautés monastiques au XVIIe siècle et la pérennité de l’artisanat brassicole. Alors que l’existence d’une statue du Christ à dos d’âne est documentée pour Diekirch et Hoegaarden, aucune source ne fait état en revanche, pour Sierck-les-Bains, d’une tradition religieuse liée à l’entrée du Christ à Jérusalem le dimanche des Rameaux. Ce qui n’empêche pas Jean-Claude MULLER de statuer: « Fir mech ass dat ganzt eng ähnlech Geschicht wéi zu Dikrich – an zu Hoegaarden – e Pällemsonndegiesel (Palmesel), deen d’Reformatioun bis zum 30-jährege Krich iwwerliewt hat … ». (bp, jb, fm, ri, jjs, jcm, 2026-10-12)
Topographie de la région des Trois Frontières, Dräilännereck, centrée sur la localité française de Sierck-les-Bains, épousant la convexité d’un méandre de la Moselle, face au Stromberg, blotti dans la concavité. Le toponyme « Sierck » provient du latin « circus », « circum » ou « circulus » signifiant « cercle », « contour » ou « méandre ». [Google Earth_2026; Graphique : bp_2026-09-23]
Plan de Sierck-les-Bains intitulé « Démolition des servitudes militaires », daté du 1er août 1834. Au centre du plan apparaît, en kaki, le château fort avec ses imposantes fortifications. Les cours d’eau — le ruisseau de Montenach et la Moselle — sont représentés en bleu. Le couvent des Récollets et son église conventuelle, en violet, se situent à l’angle est du bastion tandis que l’église de la Nativité de la Vierge Marie, en rouge, se trouve à l’ouest, en contrebas du château fort. Le petit rectangle rouge indique le cadrage correspondant aux vues, actuelle et ancienne, présentées ci-dessous. [Plan original: Archives municipales de Thionville; modifications: bp_2026-09-19]
Après sa démolition en 1974, il ne subsiste aujourd’hui que l’entrée du couvent des Récollets, transformé en Collège Sainte-Marie en 1826. L’image actuelle montre le double escalier menant vers l’entrée du couvent respectivement du Collège, à gauche, et celle du château fort, à droite. L’image ancienne décrit l’entrée de l’église conventuelle et le perron du couvent des Récollets, respectivement du Collège Sainte-Marie, en violet, l’entrée du château fort étant relevée en kaki. Les structures marquées en violet respectivement en kaki correspondent aux vestiges encore visibles sur le cliché actuel. [Photographie actuelle: bp_2026-09-19; Photographie ancienne: siercklesbains > Le couvent des Récollets; Graphique: bp_2026-09-23]
Aucune trace d’une statue du Christ à dos d’âne à Sierck-les-Bains capable d’étayer la thèse qui veut que la tradition religieuse du Dimanche des Rameaux soit à l’origine du surnom des habitants de Sierck-les-Bains, comme à Hoegaarden et Diekirch, mais bel et bien un tronc d’arbre dévitalisé façonné en âne. La sculpture du Parc Valette à l’est de Sierck-les-Bains est l’œuvre de l’artiste mosellan Sylvain DIVO, originaire de Kerling-lès-Sierck, qui a transformé le pin noir bicentenaire en sculpture avec plusieurs motifs liés au patrimoine local, dont une sorcière, un hibou, une roue, un château, un serpent et un âne. [Sculpture: Sylvain DIVO; Photographie: bp_2026-09-19]
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